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Manoirs

21/11/2006 - Lu 7742 fois
Monuments remarquables.

Quelques vieux Manoirs du Perche


A travers vos promenades dans le Perche vous ne manquerez pas de remarquer ces demeures de caractère qui sont un des charmes de notre région. Découvrez un peu de leur histoire en parcourant les extraits suivant.

Ces quelques lignes sont extraites des cahiers Percherons véritable mine d'information pour qui veut connaître le patrimoine du Perche. Vous pouvez visiter la page des "Cahiers du Perche" en ligne.

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par Philippe Siguret ; illustrations : G. Massiot

CONSIDÉRATIONS SUR L'ARCHITECTURE PERCHERONNE
COURBOYER EN NOCÉ
BEAULIEU EN NOCÉ
LE GRAND SAINT-QUENTIN EN NOCÉ
LORMARIN EN NOCÉ
LA RIBAUDRIE EN NOCÉ
LA ROSIÈRE EN SAINT-CYR
L'ANGENARDIÈRE EN SAINT-CYR
LES CHAPONNIÈRES EN SAINT-CYR-LA-ROSIÈRE
SAINT-HILAIRE-DES-NOYERS
LE BOISTIER EN PRÉAUX
LA TARENNIÈRE EN PRÉAUX
LE ROYAU EN PRÉAUX
LA LUBINIÈRE EN PRÉAUX
CROISILLES EN BERD'HUIS
LA BOURDINIÈRE EN DANCÉ
LA BEUVRIÈRE, LA REVAUDIÈRE et LE PLESSIS EN DANCÉ
LA BOUCHARDIÈRE EN VERRIÈRES
LES PERRIGNES EN SAINT-MAURICE-SUR-HUISNE
LE PERRIN EN COLONARD

QUELQUES CONSIDÉRATIONS SUR L'ARCHITECTURE PERCHERONNE


architecturesLes quelques manoirs dont nous allons faire mention ici - et la liste n'est pas exhaustive - donneront déjà une idée de la conception architecturale qui a présidé à leur construction.
Leur caractère principal, et qui procure à nos vieilles demeures un charme particulier, réside évidemment dans la présence de leurs tours, souvent rondes, mais aussi carrées et, dans de nombreux cas, hexagonales ou octogonales.
Dans l'intérieur de ces dernières se développe l'escalier tournant qui dessert les différents étages.
Les tours d'escalier sont généralement hexagonales lorsqu'elles se trouvent au milieu du bâtiment; dans ce cas, deux des côtés parallèles sont perpendiculaires au mur de façade et les pans rentrants desservent deux pièces face à face, et dont les grandes cheminées occupent les côtés opposés aux portes.
Lorsque deux bâtiments se rencontrent en équerre, il est assez normal que la tour d'escalier soit octogonale et s'insère dans l'angle ainsi formé.
Quant au faîtage; le temps et les intempéries ont fait leur œuvre.
Il n'existe pratiquement plus de tour qui soit couronnée d'un dôme en pierres; la pluie et le gel ont eu raison de ces matériaux.
architectures
Dans les charpentes de toit pointu comme un clocher, si les tuiles ont été quelque peu entretenues, le mal est moins grand, mais elles ne sont malheureusement pas éternelles.
Les tours à toit pointu ont une certaine élégance. En outre, elles possèdent une particularité qui les complète harmonieusement : c'est la juxtaposition d'une tourelle ronde de faible diamètre, maintenue comme en encorbellement sur une console, et renfermant un petit escalier tournant, construit sur le même principe que l'escalier principal. On y accède par le palier supérieur, pour atteindre ainsi une chambre haute, située dans la charpente constituant la toiture de la grosse tour.
Cette chambre est parfois éclairée par une jolie fenêtre, motif naturel de décoration extérieure et qui constitue un excellent poste d'observation; c'est le cas du manoir de la Vove, par exemple.
Il n'était pas exclu, non plus, de compléter une des fenêtres, située au-dessus de la porte d'entrée, par un balcon dont on pouvait basculer la dalle sur la tête d'un gêneur; c'était évidemment un moyen simple d'interrompre la conversation. Il existe encore au Grand Brolle un dispositif de ce genre.
Si ces toitures sont réparables, on leur conserve leur allure élancée, mais s'il faut les remplacer complètement, c'est alors qu'interviennent toutes les combinaisons les plus extravagantes dont l'aspect décèle un goût plus ou moins discutable de la part des restaurateurs. Dans la Tarennièrent, nous avons un exemple, de tour ronde ; mal coiffée ; ; mais, par contre, à la Lubiniere, on a essayé de reconstituer un toit pointu, quand le dôme de pierres s'est effondré.
Mais ces aménagements défectueux valent encore mieux qu'une démolition totale, et peut-être un jour viendra où les propriétaires auront à cœur de rétablir ces vénérables demeures dans leur style primitif.

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COURBOYER EN NOCE

CourboyerSur le penchant de la vallée qui mène à Nocé, à égale distance de ce canton et du bourg de Colonard, s'élève le manoir de Courboyer. manoir courboyer
Situé dans une vallée peu profonde (comme d'ailleurs la plupart des châteaux de son époque qui se rapprochaient le plus possible des rivières) et à mi-côte, son horizon étant fort borné en avant et, masqué en arrière par le mamelon, il ne pouvait donc rien de ce côté. C'était donc un de ces manoirs seigneuriaux, une gentilhommière, simple demeure de plaisance, élevée à la fin du xvème siècle par un seigneur décidé à vivre paisiblement?

Dans nos campagnes, on racontait encore à la veillée, les faits d'armes de la guerre de Cent Ans, l'anéantissement des forteresses du Perche et la longue occupation anglaise. Courboyer n'avait pas dû échapper aux dévastations !

La visite :
A mi-pente donc, s'élève un élégant corps de logis de pierres blanches; en saillie sur la cour, une belle tourelle octogonale dont les étages sont marqués par un cordon de pierre, contient l'escalier à vis.
Sur la façade postérieure, côté talus par conséquent, une grosse tour ronde flanque le logis; elle a peut-être servi de prison, comme on le prétend quelquefois, mais on y entassait certainement les réserves du manoir; chaque étage ne présente qu'une seule fenêtre, une bretèche s'ouvre encore du côté nord.
Les toitures de Courboyer présentent une particularité très intéressante ; les toits pointus qui couronnent les tours sont reliés par un faîtage qui passe largement au-dessus de celui du corps de logis, de telle sorte que l'ensemble affecte la forme d'une croix. Ce qui donne, assurément, le plus de caractère à la construction, ce sont quatre petites tourelles accrochées aux angles du logis; ces échauguettes, d'où l'on découvre la campagne, reposent sur des mâchicoulis habilement moulurés.
La porte d'entrée, de style flamboyant, ne manque pas de noblesse. Quant aux fenêtres, elles ont été retouchées au XIXème siècle et n'ont pas conservé leurs meneaux.

Un peu d'histoire.
La seigneurie de Courboyer dépendait de la Châtellenie de Bellême, où une tour du faubourg Saint-Pierre appartenait au Sire de Courboyer qui en assurait la défense et la garde. Près de vingt-cinq fiefs, aujourd'hui de simples fermes, faisaient partie de la seigneurie; citons : l'Aunay, la Gaulardière, le Marais, le Pressoir, la Ribaudrie, Lormarin; en outre, le seigneur nommait le chapelain de Courboyer et le curé de Nocé; il avait le droit de Haute Justice, c'est-à-dire de prononcer des condamnations à mort; il recevait en outre les banalités de Nocé : les habitants devaient se servir du four du seigneur, du moulin de Courboyer que faisait tourner le ruisseau de Nocé, le Monthorin; bien entendu, des droits étaient prélevés pour cet usage.

La Révolution vint chasser les seigneurs de Courboyer qui réussirent toutefois à en garder la propriété. Ce n'est qu'en 1878 que les Romanet de Beaune, héritiers de la famille, de Mésenge, vendirent le manoir qui connut dès lors, selon les propriétaires, des fortunes diverses.

La chapelle de Courboyer.
La Chapelle de Courboyer n'est plus. En 1947, la pioche d'un fermier a rasé ce qui restait de l'édifice.
chapelle courboyer chapelle courboyer2

Fondation de la chapelle.
Chapelle CourboyerC'est en 1500 que le seigneur de Courboyer avait fait une double fondationChapelle Courboyer : auprès du manoir, il faisait bâtir une chapelle, dédiée à Notre-Dame de Pitié; une simple nef éclairée par des fenêtres de style flamboyant; la façade s'ornait d'une belle porte sculptée, avec un arc en accolade, et surmontée d'un petit clocher à deux arcades, d'un type assez rare dans le Perche.
Une seconde chapelle, dédiée au Saint-Sépulcre, était élevée sur les flancs de l'église paroissiale de Nocé.
L'intérieur de la chapelle de Courboyer avait été richement décoré de peintures à la fresque représentant des scènes de chasse avec saint Hubert et saint Christophe; les fenêtres avaient été ornées de jolis vitraux.

En dépit des remaniements on des destructions, Courboyer est demeuré le manoir percheron par excellence. Le charme de cette vieille demeure est toujours aussi attachant.

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BEAULIEU EN NOCÉ

De la petite route de Nocé à Dancé, au carrefour surveillé par le manoir du Grand-st-Quentin, on gagne Beaulieu par le chemin qui monte vers un massif boisé où se cache cette demeure. Une grille imposante réserve l'entrée de Beaulieu qui n'est construction contemporaine en pierres et briques; mais à proximité, dissimulés par de grands sapins sombres, quelques toits de vieilles tuiles, une tour garnie de lierre annoncent l'antique manoir.

Ferme de Beaulieu.
Ferme de BeaulieuImaginez un long corps de bâtiment percé d'une haute porte cochère pour laisser entrer les grosses charrettes de foin; deux grosses tours, lourdes et massives, servent de charnières aux bâtiments d'habitation, les uns réservés au fermier, les autres au jardinier. Le quatrième côté de la cour n'est fermé que par de vieux murs, vestiges de constructions disparues.
ferme beaulieu ferme beaulieu
Au milieu de la cour, un souterrain dont l'entrée est accessible, partait vers Saint-Quentin-le-Petit, qui était Jadis le chef-lieu d'une paroisse réunie à Nocé en 1840.

Il faut noter aussi la disposition des tours : un pilier central, de forme carrée, soutient la flèche de bois qui aboutit à l'épi de la toiture. Toutes ces charpentes des toits en poivrière de nos tours percheronnes sont absolument remarquables; elles forment souvent deux ou trois voûtes superposées, dont les poutres serrées représentent un cubage de bois impFerme de Beaulieuressionnant et prouvent la maîtrise incontestée des charpentiers qui ont effectué ces chefs-d'œuvre.

Quelques seigneurs de Beaulieu.
A la fin du XVIème siècle, Jacques de Tascher, licencié en droit, est seigneur de Lormarin et Beaulieu.
Vers 1650, Beaulieu est habité par René du Mouchet, seigneur de Saint-Quentin-le-Petit et du Grand-Fay en Préaux.
Des héritages portèrent successivement Beaulieu à la maison des Favrils, puis aux Barville, qui réunirent en leur patrimoine tous les fiefs de Nocé.
A partir de 1752, Beaulieu n'est plus qu'une métairie.
Le château actuel fut commencé sous le Second Empire par Émile Pelletier, conseiller général de Nocé.



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LE GRAND SAINT-QUENTIN EN NOCÉ

Le Grand st QuentinSur la route de Nocé à Dancé, pour protéger un carrefour de vieux chemins, est campé l'important manoir du Grand-Saint-Quentin, appelé également le château des Corvées. Aujourd'hui, la route n'est plus fréquentée, l'église de Saint-Quentin-le-Petit a croulé sous le lierre, seules les pierres de la demeure seigneuriale ont résisté à l'épreuve des temps, indéfectiblement liées par un ciment plusieurs fois centenaire.
Ce vaste manoir du XVIème siècle a remplacé des constructions antérieures; dès le début du XIIème siècle, le premier seigneur de Saint-Quentin avait planté en cet emplacement son château une simple tour de bois protégée par une palissade.manoir st quentin
Le bâtiment principal se termine par une tourelle qui parait d'autant plus grêle qu'elle contraste avec une énorme tour, trapue, qui renfermait jadis les récoltes seigneuriales.
Sur la façade opposée, a disparu une tourelle qui devait être accolée à la muraille et reposer sur un cul-de-lampe.
La corniche est un simple bandeau de pierre; mais, malgré les transformations, portes et fenêtres, charpentes et cheminées, ont conservé le témoignage de leur ancienneté.

Bref aperçu historique.
C'est vers 1510 que la famille du Mouchet, seigneur de la Mouchetière en Préaux, entre en possession de la terre de Saint Quentin dont l'hommage se portait à Villeray en Condeau. ont vraisemblablement fait élever le manoir actuel dans le cours du XVIème siècle.
Par héritages et par mariages, la seigneurie de Saint-Quentin échut au XVIIIème siècle aux Barville, qui avaient rassemblé tous les fiefs de la région de Nocé (Courboyer, Beaulieu, Lormarin notamment).
La Révolution abolit à Saint-Quentin, comme ailleurs, les droits et privilèges seigneuriaux, laissant les bâtiments saufs, mais la petite église paroissiale fut définitivement fermée au culte en 1807 : un village du Perche s'éteignait, ce qui fut officiellement sanctionné par Ordonnance royale du 24 juin 1840, réunissant la commune à celle de Nocé.

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LORMARIN EN NOCÉ


Pour se rendre à Lormarin, il faut prendre à la Madeleine, sur la route Bellême-Nogent, l'embranchement de Nocé, en remontant la riante vallée de l'Erre. Bientôt, à droite, trois tours aux toits moussus, pointent fièrement vers le ciel, c'est Lormarin, auquel on accède par le chemin de Saint-Pierre-la-Bruyère.

Une courte visite.
LormarinLormarinUn corps de logis principal dont le toit de vieilles tuiles est bordé de deuxLormarin hauts pignons de pierre : voici une des caractéristiques des demeures des XVe et XVIe siècles; mais au manoir de Lormarin les trois tours sont rondes, ce qui est assez rare dans le Perche; même la tourelle d'escalier, au retour en équerre des deux corps de maison, n'affecte point le plan octogonal.
Des meurtrières, pour tirer à l'arquebuse, percent de place en place les tourelles. Un perron de quelques marches, très raide, monte à une porte qui, comme les fenêtres, a été remaniée au XVIIème siècle.
A l'intérieur, une cheminée ancienne, le manteau est orné de petits pavés de briques disposés en losanges.
Les toits de tuiles aux couleurs chatoyantes, les épis de faîtage en fer forgé, retiennent l'amateur; mais il faut nous reporter quatre siècles en arrière, quand les fondations de Lormarin sortaient de terre.

A travers quatre siècles d'histoire.
Lormarin n'est point connu antérieurement au XVIe siècle, ce n'est donc point un fief ancestral comme Courboyer, où le seigneur de Lormarin portait son hommage. Peut-être une simple métairie du nom d'Avernes occupait l'emplacement de Lormarin.
En 1567 apparaît noble homme René de la Bretonnière, qualifié du titre de seigneur de Lormarin; deux ans plus tard il épousait une demoiselle du pays, Anne Gravelle, dame du Fresne et de la Thyonnière en Nocé.
Le 15 juin 1599, fut célébré le mariage de J. de Gallon, écuyer, seigneur de Luigny, avec Marthe de la Bretonnière, par Jacques Couronné, pasteur d'Authon.


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LA RIBAUDRIE EN NOCÉ


La Ribaudrie ne se distinguerait point des autres fermes de la contrée si une petite tourelle, élevée sur la façade postérieure du logis, ne venait nous rappeler l'ancienneté des bâtiments (XVlème siècle).
Ce lieu, un peu à l'écart de la vieille route de Bellême, assurait certainement une défense. Les fossés ont été comblés tout comme les souterrains, et il ne demeure que de belles caves voûtées.
La Ribaudrie tire son toponyme d'un très ancien propriétaire qui portait le nom germanique de Ribald.


La Ribaudrie
Quelques dates.
1457 : La Ribaudrie, citée dans un inventaire de titres du trésor de Nocé, dépend de la seigneurie de Courboyer.
Vers 1620, la terre de la Ribaudrie appartient à la famille de L'Espinette (Registres paroissiaux).
1655 : Le seigneur de Nocé, Florimond de Barville, tuteur des héritiers L'Espinette, ses petits-enfants, loue la Ribaudrie, simple métairie dont les Barville deviendront quelque temps propriétaires. Puis la terre passe par vente, en 1676, à Jean de Malart de Falandres et à Dame Louise de Barville, son épouse.
1723 : André-Louis de Malart, lieutenant-colonel réformé, habitant Tournay-en-Flandre, charge son cousin Ch. de Barville, demeurant à Bellême, de régler la location de la Ribaudrie.
Vers 1725, le seigneur de la Ribaudrie est Jacques de la Plaisse, du fait de son mariage avec Louise de Malart; mais il vendit cette terre en 1729 à Louis de Fauchais, seigneur de la Faucherie, époux d'Eléonore des Feugerets. 1734 : Louis de Fauchais, demeurant paroisse Saint-Sauveur de Bellêiiie, renouvelle le bail à Rocton, son fermier, pour 480 livres, plus les faisances.
Après la Révolution, la terre de la Ribaudrie devint la propriété du Baron d'Arambure, puis de sa veuve jusqu'en 1832.
1853 : L'héritière de la Ribaudrie, la Vicomtesse de Villelune, vendit la terre à Marin Bourdi, dont le fils fut maire de Nocé.

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LA ROSIÈRE EN SAINT-CYR


La Rosière, un gentil ruisseau de la commune de Saint-Cyr, a donné son nom au bourg, et, en aval, à trois fermes. La vallée a été depuis toujours considérée comme stratégique : sur une hauteur, vers Gémages, fut élevée, probablement dès l'époque romaine, la Tour du Sablon, et en deux autres points, au Moyen Age, les châteaux de la Rosière et de l'Angenardière.

Une chapelle devenue garenne.
La Rosièrechapelle de la rosièreLes constructions diverses qui composent l'exploitation agricole de la Rosière n'ont gardé que quelques traces de leur antiquité : isolée dans la cour, une grosse tour était sans doute la fuie (colombier). Le jardin est entouré de gros murs qui excèdent parfois 1 mètre d'épaisseur; sur l'un des côtés de cette enceinte irrégulière, s'élève encore la chapelle, dont la porte indique le style de la Renaissance. Mais tout n'est que délabrement, des lapins croissent en ces lieux, jadis sanctifiés, et les galeries de cette véritable garenne n'ont certainement pas manqué de bouleverser les ossements des chevaliers de la Rosière, endormis dans la paix du Seigneur.

Une seigneurie importante.
La seigneurie et le fief de la Rosière relevaient de la châtellenie de Bellême; ils consistaient en manoir formant un grand corps de logis avec chambres hautes et basses, grenier, laiterie, basse-cour, jardin, granges, douves, fossés, pont-levis, clarenne, droit de fuie moulin, four banal, droit de bourgeoisie, droit de patronage de la grande portion de la cure et bénéfice de l'église de Saint-Cyr... avec la tierce partie de toutes les dîmes de la paroisse de Saint-Cyr qui s'engrangent à la Mouchère.... Haute, Moyenne et Basse Justice.
De fait, cinquante-neuf fermes faisaient partie de la seigneurie de la Rosière, soit la quasi-totalité de la paroisse de Saint-Cyr, notamment le manoir de l'Angenardière et le château de la Mouchère.

Le seigneur de la Rosière à la foire de Sainte-Gauburge.
Chaque année, le 1er mai, jour de saint Jacques et saint Philippe, se tenait la grande foire du prieuré de Sainte-Gauburge de la Couldre. Au Moyen Age, les foires avaient une importance considérable, elles se tenaient presque toujours sous la sauvegarde d'une abbaye, telles les célèbres foires du Lendit à Saint-Denis, et de Saint-Germain à Paris. A cette occasion, les marchands ambulants offraient aux campagnards tout ce que l'on ne produisait pas sur place; quant aux moines, en donnant asile aux forains, ils tiraient de substantiels bénéfices de ce concours de peuple. Le jour du 1er mai, le seigneur de la Rosière arrivait à cheval dès le matin, accompagné de sa nombreuse suite, son train de chasse et ses oiseaux (faucons pour chasser) à l'église de Sainte-Gauburge, où il était reçu par le prieur, qui était tenu de lui offrir un grand repas.
En revanche, le seigneur de la Rosière avait la charge de faire garder, par ses officiers et sa Haute Justice, la foire de Sainte-Catherine. Si un vol ou un crime était commis, le seigneur de la Rosière arrêtait et punissait lui-même les délinquants .

Au XVIIème siècle la terre fut vendue à Pierre-Claude Le François, qui la céda vers 1760 à François de Tiercelin; sa veuve fut présente à Bellême à l'Assemblée de la Noblesse du Perche, le 2 avril 1789 , mais la Révolution, après avoir aboli tous les privilèges seigneuriaux, ne tarda pas à chasser les anciens seigneurs eux-mêmes. Saisie, la ferme de la Rosière fut adjugée le 25 avril 1793 pour 71.600 livres en assignats. Depuis lors, comme tant d'autres manoirs, la Rosière est devenue une simple ferme.

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L'ANGENARDIÈRE EN SAINT-CYR


Du village de Saint-Cyr-la-Rosière, près de l'église, le touriste est intrigué par la masse importante d'une construction située sur la hauteur qui domine la vallée de la Rosière. Pour s'y rendre, il suffit de prendre la direction du Theil, pour trouver a mi-côte le chemin de l'Angenardière, à environ 500 mètres de la petite chapelle du pèlerinage de Clémancé.
Le mauvais état du chemin ne laisserait pas supposer qu'il conduit à une demeure seigneuriale de puissante allure.
l'Angenardière
Le manoir de l'Angenardière était une véritable place forte, bâtie sur un plan carré qui est la disposition commune des châteaux de plaine depuis le XIVè siècle. Ce vaste quadrilatère ne présentait, à l'extérieur, que de hauts murs percés de meurtrières; il renfermait les bâtiments d'habitation, les communs et la chapelle.
La Porte, certainement précédée d'un pont-levis était gardée par la plus forte des tours qui rappelle un donjon.
Le logis est en outre protégé par une tour à Mâchicoulis et, du côté cour, le pignon s'orne d'une élégante échauguette dont l'aspect décoratif l'emporte sur le rôle défensif.
Deux tourelles flanquent l'enceinte extérieure, jadis baignée par un fossé presque comblé aujourd'hui, mais dont on peut encore distinguer quelques fragments vers la brèche face à l'entrée principale.
Du côté des champs, un tiers du rempart environ a gardé sa hauteur primitive (7 mètres); l'une des tours d'angle est reliée au logis par une galerie à l'italienne dont les belles arcades sont malheureusement aveuglées. C'est là un décor de la Renaissance.
Les Communs sont adossés au rempart sur deux côtés du quadrilatère. On y trouve encore, dans l'angle ainsi formé, le colombier aux multiples cases intérieures, que l'échelle tournante permettait de visiter.
Sous l'un des bâtiments, il existe de belles caves voûtées en berceau pour abriter les réserves.
Quant à la chapelle, il n'en reste que quelques vestiges informes.
Quoique assez bien conservé, le logis a subi de fortes transformations; néanmoins, l'Angenardière est le type des domaines ruraux fortifiés qui permettaient à un seigneur de vivre en lieu sûr - dans un confort évidemment très relatif - et en outre, d'exploiter au mieux ses terres pour vivre de la chasse, des produits du métayage et des différents profits attachés à ces droits.

L'histoire.
Les Grandes et les Petites Angenardières dépendaient de la seigneurie de la Rosière en Saint-Cyr : ces deux châteaux se complétaient pour assurer la défense de la vallée de la Rosière, au temps où ces lieux étaient à la merci des bandes anglaises qui occupaient le Maine et le Perche, vers 1425-1431.
En 1673, le fief de l'Angenardière fut uni au domaine de la Rosière.
A la Révolution, tous les biens du seigneur de la Rosière furent confisqués, car celui-ci, du nom de Tiercelin, avait fui pour échapper aux sévices révolutionnaires.

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LES CHAPONNIÈRES EN SAINT-CYR-LA-ROSIÈRE

Quelques sapins au bord de la route, une entrée accueillante et bien entretenue, ainsi se présentent les Chaponnières, à quelques centaines de mètres du hameau de Sainte-Gauburge, sur la route de Préaux (D. 277).
La cour de la ferme est bordée par les bâtiments d'exploitation; on vient de dételer un beau cheval percheron, hommes et femmes s'affairent à monter à bout de brocs, (fourche à deux dents), le bon foin qui, l'hiver venu, parfumera l'étable; mais, ce qui retient le visiteur, c'est l'architecture de la maison manable.
Un pavillon carré de la fin du XVIè siècle est couvert d'un toit à quatre pentes, qui se prolonge sur la droite pour envelopper la petite tourelle reliant le pavillon à un corps de logis en retrait et moins élevé. La corniche qui soutient le bord du toit est fort originale : des pierres moulurées formant saillies, alternent avec des rentrants qui ressemble coulis.

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SAINT-HILAIRE-DES-NOYERS, PAR CORUBERT


St Hilaire des NoyersDe l'ancien manoir de Saint-Hilaire, il ne reste qu'un pavillon du XVIè siècle, avec son haut toit à quatre pentes, recouvertes de vieilles tuiles, auquel s'adosse une antique tour dont la simplicité ne manque pas de noblesse, tout comme l'escalier à balustres qui conduit au premier étage; nous ne pouvons que regretter la disparition d'autres parties anciennes, fortement imprégnées de provincialisme; les grandes bâtisses élevées sous Louis XIV et Louis XV dans le style de la ville, nous paraissent froides et impersonnelles sous le ciel percheron.
Saint-Hilaire-des-Noyers, jadis une paroisse d'une centaine d'habitants, la plupart domestiques ou fermiers du châtelain, a été réunie à la commune de Corubert depuis 1828 : l'ancienne église paroissiale est devenue la chapelle du château.

Le château de Saint-Hilaire rebâti à neuf.
Le chevalier de Chaumont, de retour sur ses terres, ne se contenta plus du petit manoir percheron qu'il habitait; presque tous les vieux bâtiments remplacés par cette construction classique, avec pavillons et toits à la "Mansard", qui forme encore aujourd'hui le centre du château.

A la mort du dernier Marquis de Chaumont, en 1772, ses neveux se disputèrent un bel héritage. En 1825, le domaine fut vendu au Baron des Chesnes, qui acquit, vers 1838, la vieille église et la fit restaurer.
En 1876, le Comte de Villers, petit-fil du Baron des Chesnes vendit la propriété à François Tournouër. Son fils, Henri, devait bientôt accueillir les archéologues ornais dans son château, où il avait réuni de belles collections historiques.

A travers l'Histoire.
Au début du XVIè siècle, la terre de Saint-Hilaire appartenait à René de Chasteaubriand, chevalier, Comte de Cazan, Baron de Longny, Vicomte de Bénialard, seigneur de Verrières et de Saint-Hilaire-des-Noyers, conseiller et chambellan du Roi. Par la suite, les terres de Saint-Hilaire et de Saint-Jean-de-la-Forêt furent unies par un certain Pierre Dyebles, originaire de Sologne; son fils, inconsolable de la mort de sa femme, survenue quelques mois seulement après son mariage , revendit la terre à Lancelot de Rosny, sieur de Brunelles (1579).

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LE BOISTIER EN PRÉAUX

Sur la route de La Rouge, à environ 2 km 5 de Préaux, s'ouvre le chemin, long et malaisé du Boistier. Cette ferme n'a plus aucun caractère de son ancienneté; les vieux toits de tuiles bordés de rampants de pierres subsistent, mais le corps de logis a été entièrement modernisé à une époque déjà lointaine. Sur la façade se voit encore, un peu prétentieuse dans le décor fruste d'une exploitation agricole, la formule latine du cadran solaire :
Teinpora nostra sient cuspidis umbra fluunt.
Notre temps coule comme l'ombre de la flèche du cadran. ;
Le temps passe en effet et les souvenirs du passé s'effacent.

Quelques notes historiques.
Vers 1450, Michel Le Couturier était seigneur du Boistier par suite de son mariage avec Jeanne du Boistier, héritière du lieu.
Vers 1480, leur fille, Thémine, épousa Jean de Fontenay, et leur descendance, très nombreuse, a occupé de multiples charges et honneurs dans le Perche.
Le Boistier ne fut vendu qu'en 1690 à Arnault de la Briffe, seigneur de Préaux, Comte d'Amilly.
A la Révolution, le Boistier fut saisi et adjugé comme Bien National, pour 41.600 francs. (Bellême. avril 1795.)

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LA TARENNIÈRE EN PRÉAUX

la TarennièreVoici peut-être le plus intéressant, au point de vue militaire de tous les manoirs de la région de Nocé, mais illa Tarennière est bien difficile d'accès.
A 3 kilomètres de Préaux, sur la route sableuse de La Bouge (D. 313), un chemin conduit à la Tarennière (quelquefois la Tarailière); il faut passer par un ruisseau à gué et, comme le chemin serpente à travers prés, franchir plusieurs barrières. Vous ne serez pas déçus en apercevant, presque au sommet de la colline. assez dégagée en cet endroit, une tour fort curieuse.
De hauts murs, dont il subsiste quelques vestiges, devaient fermer la cour du manoir. D'un côté, s'élève une tour affublée d'un toit à quatre pans, certainement remanié; de l'autre une tour ronde d'une dizaine de mètres de diamètre, coiffée d'un toit conique et garnie d'une douzaine de bretèches.

Une tour bien défendue.
Généralement, pour défendre une tour, les architectes de la fin du Moyen Age et de la Renaissance ont disposé des mâchicoulis, c'est-à-dire une série de consoles de pierre, en encorbellement, régulièrement espacées, qui supportent une galerie abritée, d'où les défenseurs pouvaient accueillir les visiteurs indésirables en leur jetant sur la tête ce qu'ils avaient sous la main. A la Tarennière, par contre, les consoles sont disposées deux à deux et, au-dessus, est bâti un petit abri en pierre, d'où l'aspect particulier de cette tour entourée d'une douzaine de défenses.

Trop peu d'histoire.
Au XVIIIè siècle, les Fontenay sont toujours à la Tarennière, comme le prouvent les registres paroissiaux de Coudray-au-Perche : en 1718 et en 1719, Louis de Fontenay, seigneur de la Taranière, est parrain de deux enfants de la famille d'Arlanges.

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LE ROYAU EN PRÉAUX

le RoyauEncore une demeure bien difficile à découvrir dans la campagne percheronne : le chemin débouche sur la route de Préaux à Saint-Cyr-la-Rosière; il s'allonge, interminable et coupé de barrières, car l'ancien chemin, encaissé entre deux hautes haies, a été abandonné aux ronces et aux fougères, en raison même de son étroitesse.
Le Royau se signale au loin par une belle tour au toit conique, mais les autres bâtiments, avec leurs "potées" de géranium aux fenêtres, ont un air coquet, tout comme les lucarnes couvertes de vieilles tuiles.

La tour du manoir du Royau, sorte de donjon, a 32 mètres de circonférence; à l'intérieur, le rez-de-chaussée et le premier étage sont carrés, si bien que les murs, qui dépassent 1 m 50 d'épaisseur, sont fort vulnérables dans les angles, mais de l'extérieur, l'assaillant ne pouvait se douter de cette particularité qui rend la pièce plus habitable. Desle Royau fentes, çà et là, permettaient de surveiller la campagne et de tirer.
On accède aujourd'hui au premier étage par un escalier extérieur accolé aux flancs de la tour, mais autrefois il n'y avait qu'un petit escalier en colimaçon dont la largeur n'excède pas 50 centimètres. Sur la face qui regarde les champs, vers Saint Cyr, la tour est défendue par une bretèche en saillie qui a servi, au cours des temps, à divers usages, comme le prouvent incontestablement des traces que les siècles n'ont pu effacer. Une cheminée complétait le confort de cette habitation.

A la recherche de l'histoire du Royau.
Le Royau, jadis l'Auroyau, était un fief dépendant du Comté de Clinchamps (Bart des Boulais). La tour date sans doute du XVIème siècle seulement, car dans nos campagnes les seigneurs fortifièrent pendant longtemps leurs demeures. Jusqu'au XVIIème, sous la minorité de Louis XIV, pendant les guerres de la Fronde, il était d'usage d'entretenir de bons murs d'enceinte, précédés d'un large fossé empli d'eau et de défendre sa porte par un pont-levis.
En 1789, le Royau appartenait au Comte d'Amilly, qui émigra; ses propriétés, confisquées, furent vendues comme Biens Nationaux

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LA LUBINIÈRE EN PRÉAUX


la LubinnièreCe Manoir est une ferme de la commune de Préaux, distante d'environ 1 kilomètre. Sur la route Préaux-La-Rouge (D. 313), prendre le premier chemin à droite, après les ponts d'Erre.
Le touriste arrivant de Nogent peut admirer, à l'orée d'un petit bois, les toits pointus de la Lubinière, avant même d'apercevoir le clocher trapu et encaissé de l'église de Préaux. Après avoir traversé le bourg, passé l'Erre, ombragée de trognes menaçante, il lui faut monter un chemin raviné et rocailleux; il ne découvrira la Lubinière qu'en entrant à la ferme. Le manoir est l'un des plus beaux du Perche.

La façade est fort bien conservée; le ton du crépi au sable et à la chaux fait ressortir, comme autant de taches blanches, les pierres d'angles de la tour, les encadrements de fenêtres à meneaux et la corniche du toit. Cette tour à huit pans contient l'escalier et, selon une disposition commune, une tourelle de briques rouges, perchée sur un encorbellement de pierres moulurées, permet d'accéder au-dessus du grand escalier, à un grand oratoire avant servi de chapelle. La tour de la Lubinière était, naguère, couverte d'un dôme de pierres plates; ce mode de couverture, rare en nos régions pluvieuses, mais plus courant dans celles de la Loire, indique nettement que le manoir ne fut édifié que dans le courant du XVIème siècle.

Enfin, adossées au pignon de la maison, deux tours rondes, coiffées en poivrière, donnent à l'ensemble, vu du jardin, le caractère d'une belle gentilhommière, dépourvue par ailleurs de défense militaire.
L'intérieur, avec ses grandes pièces aux maîtresses poutres imposantes, aux larges cheminées, est assez commun; la cave par contre, s'allonge sous tout le bâtiment.

L'histoire de la Lubinière.
Ce manoir fut vraisemblablement bâti pour Jacques de Barat, fils cadet de Jean de Barat, seigneurla Lubinnière des Chaises, à Vaunoise. de Montraversier, à Saint-Martin-du-Vieux-Bellême et né Jeanne des Feugerets; Jacques, lié après 1520, est la souche de la branche des Barat de la Lubinière, tandis que ses aînés furent, par la suite, seigneurs de Brunelles, Vichères et Souancé jusqu'au milieu du XVIIè siècle .
Après François de Barat, vers 1570, Pierre-François, puis Jean-liené de Barat, marié en 1646 à Cloves, nous savons qu'en 1675, le manoir était toujours occupe par ce dernier.
1768 Jean Nicolas Tousche de la Pelleterie était seigneur de la Lubinière, paroisse de Préaux

Le manoir devient une ferme.
Tousche de la Pelleterie laissa sa veuve et quatre enfants dans de grands embarras pécuniaires. A la suite de partages, d'expropriation pour dettes, de ventes, la Lubinière passa en totalité à Debray, ancien notaire à Préaux,
qui y logea ses fermiers. Depuis lors, la Lubinière est demeurée une exploitation agricole mais si ce n'est plus la riche demeure d'un noble du Perche, le manoir a néanmoins gardé toute son élégance, et la patine du temps ne donne que plus de charme à cette vieille ferme bien percheronne.

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CROISILLES EN BERD'HUIS

vierge croisille

croisille

ste barbe La maison se cache dans un vallon humide sur le versant ouest de la butte de Croisilles qui domine Nogent-le-Rotrou de ses quelque 208 mètres. Une petite chapelle plantée au bord de la route de Dancé, aujourd'hui à l'intérieur du parc, abrite du belles statues anciennes dont une Vierge en majesté du XIIè siècle. On remarquera également une Vierge à l'enfant en bois du XVIIè siècle enveloppée dans son manteau qui lui couvre la tête, et une statue en pierre, du XVè siècle, Sainte-Barbe avec sa tour.
Croisilles fut saisi et vendu comme bien national le 16 thermidor an Il pour 40 300 Livres. La propriété de Croisilles fut agrandie par Toussaint J.-B. Massiot, qui s'y retira lorsqu'il eut quitté ses fonctions de maire de Nogent en 1870, après 16 ans d'exercice.
C'est dans le calme de cette maison, remplie de souvenirs familiaux, que s'élaborèrent les premiers Cahiers Percherons auxquels M. et Mme Georges Massiot prodiguèrent leurs soins attentifs et minutieux.

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LA BOURDINIÈRE EN DANCÉ

chapelle BourdinièreSur la route de Nogent à Bellême, 1 km avant le bourg de Berd'huis, une belle allée de sapins conduit au château de la Bourdinière qui a abrité, fut un temps, les œuvres sociales du ministère des Finances.
Ce grand château en pierres et briques, dans le style de la Renaissance, fut bâti vers 1870 au côté d'un ancien manoir dont il ne reste qu'un corps de bâtiment et la tourelle d'escalier coiffée d'un toit pointu.
La chapelle du château de la Bourdinière est aujourd'hui détruite. La chapelle du manoir, dédiée à Saint-Jacques et à Sainte Catherine, fut détruite dans les années 1900; elle avait été fondée au XVIè siècle comme le prouve le testament d'Amaury Ronsard, seigneur de la Bourdinière, passé le 11 avril 1518 devant Pierre Brignolle, tabellion à Villeray.
Les seigneurs de la Bourdinière portaient l'hommage de leur fief au seigneur du Plessis en Dancé. De 1747 à 1783, le manoir appartint à Pierre Claude Guillier de Souancé, conseiller du roi, contrôleur ordinaire des guerres; à cette dernière date, eut lieu la vente des meubles des châteaux de la Bourdinière, paroisse de Dancé, de la Prouterie, paroisse d'Avezé et de Montdoucet, paroisse de Souancé.
Le château de la Bourdinière passa alors au gendre du défunt Charles Bessirard de La Touche d'une famille de notables nogentais. En 1815, ses héritiers vendirent la Bourdinière au comte Mac-Carty de Mervé, puis ce domaine changea souvent de mains.

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LA BEUVRIÈRE, LA REVAUDIÈRE ET LE PLESSIS EN DANCÉ

La Beuvrière
La Beuvrière était l'une des quatre châtellenies de la baronnie de Villeray et comprenait une cinquantaine de fiefs sur les paroisses de Dancé, Verrières et Saint-Pierre-la-Bruyère.
Au temps de Rotrou IV, Guillaume de la Beuvrière fut témoin de la confirmation par le comte du Perche de tous droits de justice sur la terre de Dancé en faveur des moines de Bellême : le cartulaire de Marmoutier pour le Perche nous fait connaître plusieurs chevaliers de cette lignée . Mais l'antique manoir de la Beuvrière a été rasé après 1850 pour faire place à un riche château moderne élevé par la famille Tardieu de Maleyssie Melun. Ce manoir avait une chapelle dédiée à St-Georges -, l'autel en pierre, de style classique, est conservé dans le bas-côté nord de l'église de Verrières où se voient, à la clef de voûte, les armes des Riants de Villeray, seigneurs de la Beuvrière en Verrières.

La Revaudière
La RevaudièreLa Revaudière, avec ses tourelles élancées, attire à plusieurs kilomètres à la ronde l'attention des visiteurs curieux; l'emplacement a été judicieusement choisi pour dominer Sain t-Pierre-la-Bruyère, Verrières et Dancé. Le manoir se compose de deux corps de logis du XVIè siècle, qui se recoupent; deux des angles sur le jardin et un sur la cour sont flanqués d'une tour couverte d'un toit en poivrière. Les poutres qui supportent la charpente de ces toitures forment corbeaux à l'extérieur et simulent ainsi des mâchicoulis. Le fief de la Revaudière, appelé en 1497 la Rouaudière, alias la Rodière en 1671, relevait de la seigneurie de la Grande-Beuvrière en Dance, à laquelle il fut souvent uni, ayant les mêmes seigneurs.

Le Plessis
En quittant Dancé, en direction de Berd'huis, à quelques centaines de mètres du bourg, on remarque une demeure aux allées simples, dont seul le corps de logis élancé et recouvert d'un toit pentu annonce au curieux un manoir. Tout l'intérêt réside en son intérieur avec des cheminées monumentales et des poutres ornées de motifs héraldiques et ésotériques peints. Le Plessis était un fief relevant de la châtellenie de Bellême, consistant en droit de coutume; garenne; fuye; moyenne et basse justice. La construction du manoir remonte, assurément, au XVIè siècle et ses propriétaires se succédèrent principalement par ventes. C'est ainsi que l'on retrouve Le Plessis dans les mains, entre autres, de Paul Le Prévost d'Oysonville (1654); de François-Bernard Briçonnet (1680); de Charles Bessirard de la Touche (1762).

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LA BOUCHARDIÈRE EN VERRIÈRES

la BouchardièreSur une petite route, à 2 km de Verrières, se dresse le manoir de la Bouchardière. Bâti au XVIè siècle, il se signale à l'amateur de vieilles pierres par une tour ronde qui flanque la façade du côté sud et par une fenêtre à meneaux bouchée. Sur la vallée, des adjonctions postérieures ont achevé de dénaturer cette pauvre construction, élevée sans doute par un gentilhomme sans fortune. A l'intérieur il n'y a guère à remarquer qu'un escalier de pierre en colimaçon. Ce fief noble relevait de la seigneurie de Villeray en Condeau postérieurement à 1704, et auparavant de la seigneurie de la Rousselière en Verrières.





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LES PERRIGNES EN SAINT-MAURICE-SUR-HUISNE

La gentilhommière des Perrignes est posée à ravir sur un coteau dominant un des plus jolis sites de la vallée de l'Huisne, c'est ainsi que le comte de Moucheron dépeignait cette agréable demeure, cachée dans la verdure, que l'on découvre au détour d'un méandre de la rivière sur le chemin de Bellou-sur-Huisne à Saint-Maurice. Si vous arrivez par la route de Colonard, les Perrignes ont une allure plus imposante; en avant-garde, se détache l'ancien colombier seigneurial converti en habitation, appelé actuellement la Tour. Le manoir se compose d'un vaste corps de logis avec lucarnes à meneaux, terminé à l'une des extrémités par un pavillon, qui dissimule en partie la haute tour carrée de l'ancien donjon garni de meurtrières, et à l'autre, par un pavillon plus étroit auquel deux tourelles à toit pointu, construites au début de ce siècle et accolées à l'ancienne chapelle, lui font maintenant pendant. Cet ensemble, où les toits coniques font contraste avec les toitures carrées, aux arêtes lourdes, des pavillons bâtis à une époque postérieure, ne manque pas de pittoresque. A l'intérieur, existent de vastes salles basses voûtées.



Les moulins d'Yversay et des Perrignes

Moulin Perrignes YversayLe fief des Perrignes relevait de la châtellenie de Villeray, tout comme le moulin et fief d'Yversay en Saint-Maurice, que Charles Brisart acheta en 157-1.
Ce moulin, qui a été restauré en agréable demeure, fonctionnait de toute ancienneté. Une charte de 1144, constate le don de cinq sous de rente sur le moulin d'Ivercé, fait à Chartrage de Mortagne, par Payen d'Ivercé pour son frère malade .
Presque tous les manoirs avaient leur moulin; les seigneurs en tiraient de gros profits. Le moulin des Perrignes, situé en aval, fut converti au XVIIè siècle en moulin à papier.



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LE PERRIN EN COLONARD


Une belle allée de sapins mène de la route de Bellême à la ferme du Perrin qui domine le village de Courthioust.
On remarque, à l'angle de la ferme, une belle tourelle accolée à la maison et soutenue par une base de pierres blanches, en encorbellement : cette tourelle a malheureusement perdu son toit pointu. Derrière la maison demeure encore une tour carrée.

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